Comment sauver un chat perdu dans un parc de 15 hectares
Publié par Lyrya dans Les animaux sont formidâââbles, tags: Achevez-moi, Amour, animaux, chat, il était temps, kawaiiiiii, Lost, moi-même personnellementIl y a encore quelques heures, j’étais prostrée dans un coin de ma chambre à pleurer toutes les larmes de mon corps et à me fouetter la peau nue. Pourquoi ? Parce que j’ai fait l’erreur du siècle quand on a un chat comme le mien (aka un gros con). Par cette belle journée pour une fois pas très ensoleillée, nous nous sommes pris l’envie d’emmener mon cher et tendre Pipou au parc. Je n’ai pas vraiment eu peur de l’y emmener puisque de nature peureuse, il serait resté près de nous et se serait caché dans nos jambes.
AHAH. A peine avions-nous posé un genou sur la pelouse du parc pour nous assoir que le chat bondit dans les airs tel une mangouste et comme bien entendu Murphy est un gros bâtard, Pipou fait son Houdini et arrive à enlever son harnais (magnifique harnais en plus, à la pimp my cat, en fausse peau de léopard… s’est-il enfui de honte de le porter ?). J’ai eu à peine le temps de réagir pour m’avancer doucement vers lui et tenter de le récupérer (un bond de 5m quand même) mais je devais être très mal coiffée ou puer la mort car il a couru de plus belle. Passé le choc énorme de le voir disparaître dans les taillis, je fonce vers l’endroit : une petite touffe de buisson près d’une mini-rivière. J’appelle, j’hurle, je supplique, je pleure, rien n’y fait, Pipou ne se remontre pas. Après avoir rameuté la Mère pour aider à le retrouver (15 hectares putain) et après 2h de recherches intenses : rien, le vide, le néant, juste des putes de poules d’eau moches et des gens qui se baladent.
En remontant dans la voiture, je me dis bien qu’avec tout le monde qui passe par le coin où il a disparu et avec tous les chiens qui y sont promenés, les chances de le retrouver sont très maigres… D’autant plus que de l’autre côté de la rivière, il reste un bout de parc et ensuite les jardins des maisons avoisinantes… J’embroche un stylo et je me mets à rédiger très vite une note qu’on dépose au café qui jouxte le parc, je sonne chez une voisine qui avait ce joli panneau « Cats Welcome » , bref je me ronge les sangs. L’orage gronde, il pleut, il n’est plus temps de rester, nous rentrons pour tenter de le retrouver dimanche. En rentrant, je poste un peu partout sur internet des messages pour tenter de trouver quelqu’un qui l’aurait vu, je fais dans le gros pathétique mais je m’en fous (d’ailleurs merci à tous les loulous sur Facebook qui m’ont laissé un ptit message, que Dieu/Allah/Boudha/Cthulhu vous bénisse).
Après avoir pleuré deux bonnes heures dans mon lit en refusant de manger et en commençant mon deuil, on se dit que finalement on va y retourner. A 21h45 nous revoici dans la voiture, avec lampe torche, croquettes, jouets et caisse de transport, nous sommes parés, Rambo peut aller se mettre un tutu rose, la guerre nous attend. Arrivés devant l’entrée du parc : portes closes, tout va à merveille. Aucun moyen de sauter les clôtures, trop hautes et qui nous empêcheraient de revenir avec le chat dans les bras ou même dans sa caisse (puisque ce petit con arrive à l’ouvrir de l’intérieur -_-). Scrutage des alentours, oh ce petit chemin de terre qui suit le parc… Oh bah c’est qu’il est long ce chemin… Et ah oui il y a une rivière entre le parc et le chemin… Tiens j’aperçois une autre entrée du parc… AHAH UN TROU DANS LES HAIES O_O Direction l’endroit où Pipou s’est enfui… Il fait ni sombre ni clair, la visibilité atteint des sommets : 5 m !!! En traversant la petite rivière dont je parlais plus haut, j’aperçois une forme qui court se planquer dans des fourrés qui longent l’eau, sans discerner de quoi il s’agit, sans savoir si je ne suis pas entrain de partir en couille et d’avoir des hallucinations. J’approche et j’appelle, je joue des maracas avec les croquettes, je pouetpouet, rien, pas de miaulement ou bruits, je passe mon chemin.
Je vois ensuite Chéri qui se fixe et m’appelle doucement : moi aussi je la vois, la petite forme velue qui se frotte à un arbre. On se baisse et on minaude pour faire approcher la bête… Manque de pot, c’est une magnifique petite chatte grise et blanche avec un joli collier autour du cou, magistrale fausse joie et retour case départ. Arrivés dans une petite clairière avec des monticules de terre, j’aperçois de nouveau une forme qui court se planquer mais la visibilité baissée à 2m n’aide pas à savoir si c’est Pipou ou une pute de poule d’eau. J’approche et je continue de minauder, personne n’étant là pour se moquer grassement de mon imitation du miaulement. Ne voyant toujours rien, je décide de m’assoir purement et simplement dans la clairière et d’attendre en continuant de jouer avec ses jouets. Ne voyant plus Chéri dans mon champ de vision, je le retrouve accroupi, immobile. Je sens le truc venir, encore une fausse joie ou je ne sais quoi. Doucement je me rapproche et lui demande s’il l’a vu ou s’il assouvit juste une grosse envie. « Il est juste là, il est venu manger à 10 cm de moi, je l’ai caressé mais il vient juste de repartir dans le bosquet juste là » . La nuit vient de tomber, la vie est belle.
A plat ventre, à 1m de Pipou, ça fait une demi heure que je rampe le plus lentement possible pour tenter de l’approcher, la gamelle de croquettes dans une main et l’autre dans les orties et les fourmilières. Enfin, au bout de quelques minutes où il joue à se frotter à toutes les plantes possibles, il s’approche et vient me câliner doucement. Je l’empoigne et je le gnougnoute autant que je puisse, enfin je l’ai !!! Je m’approche doucement de sa caisse de transport et je me baisse… Maintenant avec le recul, je ne sais pas si c’est la caisse ou si c’est Chéri qui, rassuré de le revoir, est venu vers nous avec la lampe torche, mais ce putain de chat de merde finit par se débattre et tout en me lacérant les bras et malgré toute ma force, il se REBARRE… Direction droit devant lui, hop arrêt pour voir où on est, hop dans un fourré qui longe la rivière… Il est minuit…
Caché dans les arbustes et les orties, on l’entend miauler et bouger dans les branches, le but est simple, le faire sortir tout en sachant que dans la situation actuelle, il pourrait partir dans n’importe quelle direction si on venait à le faire fuir. On s’assoit tous les deux à des coins stratégiques du taillis et on l’appelle, ne sachant pas tellement où il est, la nuit est noire et la lampe torche n’aide que l’un pendant que l’autre fronce les sourcils pour tenter de voir une fouffe de poils quelque part. Après une bonne grosse demi heure à l’appâter avec des croquettes et des jouets et après s’être rendus compte que ce chat n’est qu’une grosse raclure qui passe son temps à faire des allers et retours dans le buisson, on se dit qu’il est temps de passer à l’offensive. Chéri s’arme et s’emploie à défricher lentement mais surement les pentes qui donnent sur l’eau, orties, araignées, tout y passe, y compris le chat qui, en voyant ça, continue de faire chier : une fois qu’il finit d’enlever toutes les merdes d’un côté et qu’il arrive à lui caresser le museau, le chat se lève et se barre (parce que, oui, le pire c’est que ce gros tas s’allongeait et somnolait tranquillement alors qu’on était à deux doigts de foutre le feu au fourré pour le faire sortir). Heureusement pour nous oserais-je dire, Pipou est un peu con et il passe son temps entre un point A et un point B où il s’allonge à chaque fois. Une fois la pente près du point A défrichée, bien entendu il passe au point B, hop défrichage de pente à nouveau et oooooooh Pipou qui repart dans l’autre sens… MAIS CE SERA LA DERNIÈRE FOIS !! YOU SHALL NOT PAAAAAAAAAAAASSSSSSSSSSSSSSSSSS \oO/
La pente étant libre d’accès, sans orties et toiles d’araignées tarentuleuses, Chéri arrive à caresser le chat, tout doucement il se rapproche encore et parvient à tendre le bras assez loin pour l’attraper sous le ventre, petit mouvement de Pipou pour tenter la fuite mais non, cette fois-ci sera la bonne, le chat est dans les bras du Chéri qui sont quand même plus forts que les miens qui ont la consistance de gelée anglaise. Doucement, la lampe torche entre les dents et le chat bien calés contre la poitrine, il sort du taillis et retour à la case départ. Je passe en première, bien loin devant pour ne pas tenter le diable qui pourrait nous refaire le coup du « NAN NAN VOUS M’AUREZ PAS BANDE D’ENFOIRÉS ! » . Arrivés au trou dans le taillis près de la seconde entrée, la question se pose : allons-nous refaire le petit chemin qui longe le parc et où il fait aussi noir dans le trou du cul d’une poule d’eau ou quelqu’un va-t-il aller chercher la voiture à 10min de là ? Seconde solution. Je me cale les seins sous les bras et je cours vers l’autre entrée où nous nous sommes garés, j’enfourche la voiture et sans me soucier que je suis entrain de conduire pour une fois vraiment seule et qui plus est pour la première fois en pleine nuit, je galère ma race à trouver la seconde entrée qui n’est indiqué nulle part. Coup de pot, j’y arrive sans me perdre et avec une lenteur pas possible je me gare, j’ouvre la portière coté passager et je fais entrer les deux loulous dans la voiture. Et qui est rentré ensuite dans sa caisse sans faire l’ombre d’une histoire ? Oui, mon chat est un gros connard.
Il dort en ce moment même sur l’appui de fenêtre, après s’être baffré de croquettes et c’est à peine croyable de se dire qu’il vient de passer presque toute une journée perdu dans le vaste monde…
Ne perdez jamais votre chat dans un parc de 15 hectares, parce que c’est pas tous les jours qu’on a la chance de faire du rappel dans des buissons et de le retrouver miraculeusement.
Moralité : Tout bling bling qu’il soit, le harnais est un ustensile définitivement useless !!! oO





































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