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Youpi, je veux créer ma boite. Youpi, je vais être mon propre patron et gagner des millions sans avoir à répondre à des questions sur l’orthographe d’un mot qui n’est plus utilisé depuis 1427 ( « chandail » par exemple). Youpi, je vais googeliser gentiment derrière mon pc. Youpi, il y a des centaines de résultats… Ouais, euh, mais je dois commencer par quoi moi ?
Rappelez-vous de cet acronyme : CCI, *aura de lumière et musique lyrique*, Chambre de Commerce et d’Industrie. Même si on peut trouver moult sites internet qui parlent de la création d’entreprise, je ne regrette pas de m’y être rendue. Premier contact, une réunion avec des gens (omg des gens) et une personne de l’administration qui s’y connaît. Dans mon groupe je devais être la seule à avoir moins de 25 ans mais prout, c’est pas parce que j’ai une gueule d’ado que je n’ai pas les tripes. Loin d’être intimidant, tout se passe bien, on apprend que pour que le projet tienne la route, il faut avoir un dossier béton, on parle immatriculation de l’entreprise, adéquation homme/projet, étude de marché… je pige tout, vive mon BTS Communication, tout ça, j’ai déjà fait. Sauf que ça se corse un peu. Que je vous explique.

Première partie, comme je disais, je gère ma race, j’ai déjà posé quelques bases de ce que je veux, j’ai des idées sur quoi faire, je fais des repérages, j’ai commencé un questionnaire pour ma future clientèle, merci mes 2 ans de BTS durant lesquels je me suis emmerdée, au final, les études ça sert à quelque chose x) J’ai donc la banane, ça aide à établir les choses encore à faire, je me dis que finalement, si le reste de la réunion est comme ça, je vais pouvoir m’en sortir.

« AHAHAHAHAHAAHAHAHAHHA. LOL. »
Voici ce que mon cerveau a éructé quand on a commencé à parler « prévisionnel financier » . Je savais à quoi m’en tenir à la limite, on crée pas une entreprise avec ses ovaires et son couteau mais là, ça a tapé lourd. Bilan de départ, plan de financement sur 3 ans, compte de résultat prévisionnel sur 3 ans, plan de trésorerie sur 12 mois… Ok, respire par le nez, ouvre tes chakras, pose ton esprit et écoute. Je tiens à profiter de cette partie et avoir une petite pensée pour mon professeur d’économie de BTS, auquel je disais clairement que l’économie était pour moi ce que la philosophie transcendantale est à un bonobo, un truc incompréhensible et qui ne sert strictement à rien, j’aurais ptet du fermer ma gueule, parce que j’ai plus ou moins compris le truc du bilan de départ (que j’avais appris durant ses cours) mais alors le reste… Mon cerveau commençait déjà à préparer une évasion rocambolesque pour ne pas avoir à supporter le massacre en préparation. J’aurais du faire pareil, j’ai franchement eu du mal avec les cotisations patronales, le prélèvement exploitant, les cotisations exploitant, le BFR (à ce sujet, si quelqu’un pouvait me révéler ce que c’est, je crois qu’au moment où la personne a expliqué, mon cerveau était déjà dans un coma végétatif).
A ce niveau de la réunion, je me suis sentie seule, j’en étais à me concentrer sur une bouloche de mon pull et sur le fait que je devais faire des courses en sortant de là, enfin si j’en sortais avec quelques neurones assez valides pour me faire retrouver ma route, quand une lueur d’espoir est apparue : les aspects fiscaux, juridiques et sociaux. Bon, très petite lueur qui a duré le temps de l’explication sur les principales formes juridiques. Merci encore mon prof d’éco, SARL, EURL, SA, SNC, Auto-entreprise, tkt poulette, j’suis dans la place. Bon là effectivement, on est plus à l’école et ça parle capital social et responsabilité, mais je me suis dit que là au moins j’avais une chance de comprendre.

« ROFLCOPTEROZOR ! »
Mon cerveau, encore, qui s’est automatiquement mis sur vibreur pour ne pas avoir à supporter la suite. Je vous jure que, durant un temps, j’étais sur messagerie vocale, j’avais l’apparence d’écouter alors que j’étais partie super loin, j’en étais à me dire qu’il fallait que je rachète de la litière pour le chat et que je n’avais toujours pas reçu mon aide de la Mission Locale et que du coup pour la litière du chat, j’allais être emmerdée. Non parce que, de ma maigre expérience, les cotisations sociales s’arrêtent à avoir une carte Vitale et le régime fiscal pour moi c’est encore un truc d’anorexique pour ressembler encore plus à un rescapé des camps de concentration. Autant dire que niveau compréhension j’en ai surchié.
J’ai tout de même appris certaines choses de GRANDEMENT intéressantes : quand vous êtes gérant d’une entreprise, vous ne cotisez plus à l’Assurance Maladie comme tout le monde (la CPAM donc), non, vous cotisez au Régime Social des Indépendant (RSI), en tant que Travailleur Non Salarié (TNS). Et là, ça fait trèèèèèèèèèèèèèèèèèès mal, mais alors bien loin derrière la prostate. Outre le fait que ça m’a arraché un poil d’anus de voir le montant, j’ai été encore plus intriguée par le « pas d’assurance chômage » . Hmm, ok, si je pige bien, si ma boite ne marche pas et que je dois pointer au chomdu, j’ai droit à… rien ? Chouette, moi qui ai déjà droit à rien, je me sens dans mon élément. Non sans rire, il y a la possibilité d’une assurance chômage facultative mais ça fait quand même bizarre. Tu bosses, t’en chies et quand tu perds tout (parce que, soyons clairs, si la boite coule, faut rembourser les banques quand même), t’as pas le droit de toucher une allocation chômage comme tout le monde. Maintenant le pourquoi du comment, j’en sais rien, peut-être parce que les patrons sont mieux payés et donc osef qu’ils touchent un chômage puisqu’avec leurs revenus ils ont pu épargner à coté ? Euh ok pour l’autre con d’EDF-Veolia-enculé, mais pour ma part ça m’étonnerait fortement de pouvoir m’en sortir si jamais ça ne devait pas marcher. Le RSA c’est bien beau mais ça nourrit pas son Pipou. Soyons optimistes, y a quand même des trucs biens quand on est son propre patron, nan ?

« Allo ? Oui, ici le cerveau de Lyrya, j’ai fait des réservations pour Ibiza… »
Après avoir ramassé mon cerveau qui avait tenté une percée par mon oreille droite et avoir récupéré les restes de mes espoirs, très amaigris après la bataille, arrivent les impôts. Putain je les avais oublié ces cons-là. Selon le type d’entreprise que l’on veut créer, une EI, EURL ou SARL, les impôts sont différents. Pour ma part, je compte créer une SARL (oui pas d’auto-entreprise, je vais y revenir plus tard ) et là… Et là… Outre le fait que je sois soumise à l’Impôt sur la Société (IS) à hauteur de 15% ou 33% selon le chiffre d’affaire, j’ai droit aussi à l’Impôt sur les Revenus des Personnes Physiques (IRPP). Mais… Mais… MAIS C’EST GENIAAAAAAAAL \oO/ Deux fois des impôts \Oo/ Concrètement, l’IS c’est l’impôt que l’entreprise paye et l’IRPP bah c’est le bête impôt sur le revenu connu de tous et qui vient de ma poche. Ayant revu une personne en rendez-vous individualisé lundi, j’ai cru comprendre que je peux être exemptée d’IS pour les 5 premières années. Prions mes frères, prions… Parce que franchement, l’IS, ça pue.

A ce moment de la réunion, j’ai vu tous les autres acquiescer gentiment, genre « ouais ouais normal, hinhin, ouais je vois trop, hinhin » . J’ai eu ce genre de regard qui va de gauche à droite quand vous vous dites que c’est trop gros pour être vrai, ce petit recul de la tête, cette petite moue de la bouche et ce sourire coincé incontrôlable qui vient se poser sur vos lèvres. Sisi, j’étais bien la seule à NE RIEN COMPRENDRE. J’aurais pu dire « Tin mais FAKE quoi ! » mais je me suis abstenue. Je n’irais pas jusqu’à dire que j’étais bien loin de m’imaginer tout ce que créer son entreprise implique mais en fait euh si. Je sais pertinemment qu’il faut en chier, passer pour une demeurée auprès des banquiers qui vont pisseront dessus avant même que vous commenciez à parler, ramer pour trouver des garants et des aides, mais tout de même, je ne savais pas vraiment ce qu’impliquait le fait de gérer son entreprise par la suite. Je ne m’attendais pas à apprendre que mon chiffre d’affaires serait amputé de toutes parts, je ne m’attendais pas à devoir payer un expert-comptable de ma propre poche avant même de créer quoi que ce soit (dur dur donc, sachant que j’ai à peine de quoi manger) et je m’attendais encore moins à apprendre que toutes les démarches administratives comme l’immatriculation de l’entreprise sont payantes… Le moindre bout de papier vous coûte une cornée alors que vous n’avez même pas commencé votre activité. Dur de retomber sur la terre ferme.

Je ne baisse pas les bras pour autant, je compte bien m’accrocher, décrocher des aides financières, rédiger un business plan en titane renforcé et créer mon entreprise, parce que je n’ai pas fait tout ça pour rien, je ne me suis pas fendu le fion en 4 pour rien, parce que dans les moments durs, il est bon de se dire qu’on a un but dans la vie et que, malgré la merde ambiante, on sait qu’on y arrivera et qu’on sera fier du boulot accompli.
« C’est bientôt fini hein ? Tu promets ? »
Je voudrais revenir sur le cas de l’auto-entreprise. Bon nombre d’entre vous m’ont parlé de ce système et j’y avais aussi pensé tout en sachant au fond que ça n’était pas la meilleure solution. Et j’avais un peu raison
L’auto-entrepreneur (qu’on va abréger en AE parce que c’est franchement gonflant à écrire, qu’il est 4h du mat et que ma nuit blanche commence à me donner des hallucinations, comme quoi avec l’âge…) est un entrepreneur individuel soumis au régime de la micro-entreprise. En gros, votre chiffre d’affaires ne peut pas dépasser un certain plafond, selon votre secteur d’activité qui peut être commerciale, artisanale ou libérale, vous êtes exempté de certaines charges et d’immatriculations, on vous simplifie les démarches, en 3 jours vous créez votre boite. L’AE c’est cool si on est informaticien à la maison, DJ le weekend, toiletteuse pour chiens à domicile ou créatrice de bijoux sur internet. Mais pour une entreprise un peu plus compliquée que ça, ça n’est pas du tout intéressant. Je ne saurais absolument pas vous expliquer les méandres des pourcentages concernant le « bénéfice calculé selon les charges forfaitaires estimées à 71% pour le commerce, 50% pour les services ou 34% pour les activités libérales » (oui j’avais prévenu, c’est hard), j’ai bien compris quand ma conseillère lundi m’a fait des croquis et tout mais à redire de façon claire et qui ne déforme pas la réalité, c’est autre chose. De plus, j’ai toujours été une grosse merde en éco ET en math alors si on fait copuler les deux… Pour ma part, mon projet nécessite un local et selon ma conseillère mon chiffre d’affaires et mon bénéfice ne serait pas en adéquation avec l’AE. Du coup, j’ai quand même bien fait d’aller à cette réunion d’information

Il faut bien se rendre compte que l’AE est une belle avancé dans la création d’entreprise, ça aide pas mal mais les simples sites internet que l’on peut trouver ne disent pas tout ou n’expliquent pas assez bien. Personnellement, j’ai eu du mal à comprendre alors qu’on me l’expliquait de visu alors si je devais juste donner un conseil : « Go to CCI bitch »
Pour finir ce pavé interminable, je vais passer sur les différentes aides à la création d’entreprise, j’y reviendrais certainement plus en détail dans un prochain article, et parler du dernier point qu’on a abordé : les formalités d’immatriculation. Youpi, c’est bientôt la fin, je vais pouvoir m’en griller une et vérifier si j’ai encore toutes mes facultés motrices pour rentrer. Les formalités sont différentes selon que l’on soit artisan ou commerçant, mais elles sont différentes aussi selon la forme juridique de l’entreprise. Pour les entreprises individuelles elles sont moins nombreuses et pour les sociétés, comme cela sera mon cas, ça se corse, attention listinnnnnnng :
- Choisir une domiciliation (en gros l’adresse de l’entreprise, son siège social)
- Choisir un nom commercial
- Rédaction des statuts (SARL et touti quanti)
- Nomination gérant(s) (oh ça parle de moi
)
- Pacte d’actionnaires (olah on s’emballe pas trop vite hein oO)
- Dépôts des fonds (ahah >_>)
- Avis de constitution
- Dépôt du dossier d’immatriculation au Centre de Formalités de Entreprises (CFE)
- Dépôt du formulaire ACCRE lors de la demande d’immatriculation ou dans les 45 jours qui suivent (c’est une aide octroyée pour les demandeurs d’emploi)
- Enregistrement des statuts aux impôts (dans le mois qui suit leur signature)
Si c’est pas chouette tout ça ? Cela promet de longues heures à me ronger les ongles, martyriser le pauvre Pipou qui ne demandait rien à personne, des coups de gueules intempestifs, des crises de rages en pleine rue parce que je me rends compte que j’ai oublié un papier à la maison et que j’ai déjà fait la moitié du chemin et que si je fais demi-tour je vais être à la bourre, cela promet un avenir radieux et charmant <3
Malgré tout ça, faut rester optimiste, se dire qu’au final ça en vaut la peine et, comme le ferait mon pote Jean-Hyppolite ici présent, aller de l’avant !

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Nouvelle merde du jour, la vie est belle et les oiseaux chantent.
« Bonjour, je voudrais savoir s’il est possible d’avoir des bons alimentaires, j’ai entendu dire que la Mairie pouvait m’aider… »
« Oh mais bien entendu ! Vous avez quel âge ? Vous avez des revenus ? »
« J’ai 23 ans, je cherche du boulot mais c’est un peu mou en ce moment, donc j’aurais bien besoin de bons pour manger… »
« Oh je vois, vous êtes inscrite à la mission locale ? »
« Euh oui depuis quelques mois déjà, c’est eux qui m’ont dit que vous pouviez m’aider. »
« J’ai bien peur que ça ne soit pas possible Mademoiselle. Si vous êtes chez eux, la Mairie n’aide plus. On aide les jeunes tant qu’ils entrent dans le système de la Mission mais ensuite c’est fini. »
Quand vous vous inscrivez à la Mission Locale et que vous signez le CIVIS (sorte de contrat pour votre projet professionnel avec aide pour avoir sa carte Vitale et trouver un job, etc…), vous percevez 50 euros par mois. C’est bien. Très bien. Mais vous pensez que c’est suffisant ? Pour un jeune qui vit encore chez ses parents et qui n’a pas de loyer à payer et pas de courses à faire, on dira que c’est pas mal pour les petites dépenses du genre ticket de métro ou photocopies du CV. Et pour les autres ? Je vais encore parler de moi aujourd’hui, mais j’aimerais que les gens voient tous les aspects de la vie dans cette société, parce que le JT de TF1 mes braves, c’est un peu comme regarder un poisson rouge et se dire « wouah c’est grand l’océan » . Depuis que j’ai signé le CIVIS, je n’ai jamais perçu ces fameux 50 euros… alors me dire que je ne peux pas avoir de bons alimentaires parce que je perçois 50 euros, je ris un peu jaune. Mais allez, il y a des choses pas mal quand même, j’ai pu recevoir une aide alimentaire d’environ 200 euros pour le mois de novembre qui me servent encore (vive le régime moineau), une aide pour payer mon assurance habitation et une aide pour mon loyer de janvier. Aides que je ne pourrais plus recevoir par la suite puisque je n’ai pas de revenus, dérogation exceptionnelle apparemment, mes conseillers se sont démenés et je les remercie, mais j’ai franchement les boules de me dire qu’au mois de Janvier, même les pâtes de Lidl seront trop chères…
Mon loyer est de 400 euros, pour un studio meublé, j’ai donc du louer un garage à coté pour entreposer mes meubles, n’ayant pas d’autres endroits où le faire. Je n’ai pas d’électricité ni d’eau à payer à coté, Dieu merci, tout est inclus dans le loyer. La CAF verse à mon propriétaire un peu plus de 260 euros et grosso modo par mois, je dois lui donner 140 euros. Oui je fais dans le chiffre, pour moi ce n’est pas de l’ordre de l’intimité, tant qu’à déballer son sac, autant tout dire. Ce mois-ci donc pour la première fois, mon loyer était assez bas et avec l’aide alimentaire, j’ai réussi à m’en sortir. « Mais t’as fait comment les mois d’avant ? » Ma mère, qui s’est foutu dans une merde pas croyable et qui risque de l’être pendant plusieurs mois avant de pouvoir sortir la tête de l’eau. Nous sommes dans une société où la seule solution pour elle de combler son découvert est de contracter un énième prêt. Qui n’a rien comblé du tout. Je pourrais l’aider, contracter moi-même un prêt pour qu’elle puisse souffler et dormir la nuit, mais je ne peux pas. J’ai beau avoir une assurance vie qui me donne une solvabilité de paiement, je ne peux pas demander de prêt à ma banque. Je ne suis pas étudiante et je ne suis pas salariée et loin de l’être un jour. Je pourrais casser mon assurance vie mais je perdrais plus d’argent qu’autre chose. Si je voulais donner à ma mère assez pour qu’elle puisse s’en sortir, il faudrait que je décède. Et encore, ça comblerait mon enterrement mais pas son découvert. Hmmm morbide… Je pourrais bien entendu trouver un job. Plus de 20% de taux de chômage dans ma région. Quand on dit que dans le Nord, c’est tous des chômeurs, c’est un peu dégradant à dire mais très malheureusement vrai. Même Macdo ne m’a pas rappelé, le symbole du job rapide à trouver qui s’effondre un peu devant moi.
A coté de tout ça, les ministres sont payés plusieurs milliers d’euros pour faire des réformes loin de toute réalité, des traders qui se mettent des millions dans les fouilles alors qu’on a déboursé des milliards pour leur sauver le fion et ça leur parait tout à fait normal, on se fait chier à aller à Copenhague en jet privé pour dire aux pays pauvres qu’ils doivent faire des efforts pendant qu’on se goinfre tous au buffet du prix Nobel de la paix d’Obama, on fait des débats stériles sur « moi je suis plus français que toi, je mange du camembert ! » le magnifique débat sur l’identité nationale donc que seuls 20 députés ont suivi, d’où l’importance de voter pour des trous du cul qui passent leur temps à pioncer au chaud dans l’hémicycle pendant que des gens meurent de froid dans les rues de Paris et d’ailleurs… Quelle magnifique société, quelle joie de vivre dans cette France où on laisse des gens vivre dans des appartements insalubres, où les lois pour aider ces gens-là ne sont pas DU TOUT appliquées, dans cette France où le risque de devenir SDF devient de plus en plus pressant, dans cette France où les gens râlent mais ne font rien, moi y compris, je suis lucide de râler sur tout ça mais de ne pas m’impliquer pour changer la merde, mais j’ai l’argument à deux roubles parfait « j’ai déjà pas les moyens de me payer à bouffer alors bon… » Râleuse, hypocrite et fauchée, trio gagnant !
Quelle solution s’offre à moi ? Créer MON emploi, créer ma boite, créer un but, créer un steak dans mon assiette, peut-être créer à terme un autre emploi pour sortir de la misère une autre personne comme moi. Et on fait quoi pour ça ? Énormément de démarches. Des refus, des « hmm suis pas emballé » , des « euh vous avez une mise de départ ? » , des « vous n’êtes pas salariée, vous n’aurez jamais de prêt » (dixit ma propre banquière)… Mais on s’accroche, on continue, on fait des repérages, on calcule discrètement sur une feuille excel combien il faudrait. Et parce que j’ai vraiment envie que cette histoire aille au bout et que je veux aussi aider les gens qui voudraient avoir leur propre entreprise, je vais détailler dans mes prochains articles toutes les étapes pour créer son entreprise. N’hésitez surtout pas à partager vos expériences dans les commentaires, les trucs, les astuces, ça m’aidera et ça aidera peut-être d’autres jeunes. Je garde encore le secret sur ce que je compte faire, le suspens fait vendre dit-on
Premières étapes à suivre ? La Chambre de Commerce et d’Industrie pour trouver des réseaux d’accompagnement, des aides financières, trouver des formations et autres, savoir si des associations dans le coin peuvent aider à établir des calendriers et un dossier béton à présenter aux autres. Il existe dans le Douaisis par exemple la Boutique de Gestion d’Entreprises qui donne des conseils pour la création d’entreprise, elle existe certainement ailleurs Et les Assedics, le magique Pôle-Emploi, il paraît qu’on peut percevoir quelque chose en cas de création… Je rigole un peu parce que je pense que c’est plutôt prévu pour les salariés qui créent leur boite et les ptits jeunes au chômage, m’est avis qu’ils peuvent aller se faire enc*ler à sec mais il ne faut pas se fermer une porte qui pourrait être ouverte. Trois choses à voir cette semaine, des rendez-vous à prendre certainement. Je vous tiendrais au courant, ces prochains mois, l’imagination pour écrire des choses gaies et rigolotes ne me viendra pas, il faudra compter avec mes coups de gueule et mes critiques acerbes, disons que si je perds du lectorat, je comprendrais pourquoi
Je pense fort à vous, j’vous kiffe les hémorroïdes et joyeux Noël hein x)
PS : merci aux loulous qui m’ont mailé et à qui j’ai répondu, j’ai eu une p*tain de bouffée d’amour, ça m’a fait drôle
PS 2 : Un grooooooooos big up djos, tout le monde se lève pour djos o/ qui m’a quand même remis les pendules à l’heure, en fait, dans le monde, y a pas que des bisounours, y a aussi des cons, je quote pour ceux qui n’auraient pas vu cette éloge à la connerie humaine :
pauvre fille tu es pathetique,tu ne veux pas bosser et en plus tu oses ouvrir ta gueule,t’es une feignasse,tu n’as que ce que tu mérites t’as un poil dans la main,et dire que je paye mes impots pour des gens comme toi ca me fait vomir
Oooooooooooooh le joli commentaire que voilà <3 Alors sache mon cher djos, que tu es loin de payer des impôts pour moi, je n’ai pas le droit au chômage, ne t’inquiète pas, je ne mange pas du foie gras en pensant « ptin j’l'ai bien niqué ce djos lolilol » et quand au fait de ne pas vouloir bosser, mon Dieu tu es mon maître de connerie… Je suis heureuse que tu aies la chance d’avoir trouvé un taf et que tu sois bien au chaud avec tes convictions à deux sesterces mais quand on ne connait pas la vie des gens, on évite de faire des réflexions. Mais tu vois c’est beau quand même, le jour où tu te retrouveras au chômage et que pour nourrir tes gosses tu devras aller aux Restos du Coeur et compter les centimes dans ton porte-monnaie en peau de crocodile du Nil, je pourrais crier « tu n’as que ce que tu mérites, t’avais qu’à pas te faire virer pauvre con »
Vomissons tous ensemble mes chers, je suis le pathétisme né d’une France feignasse qui ne cherche pas à s’en sortir o/
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Jean-Marc : « Moi j’vous l’dis, elle est morte et personne s’en est rendu compte, son chat l’a certainement bouffée à l’heure qu’il est ! »
Anne-Emmanuelle : « Nan, j’suis sûre qu’elle fait une retraite spirituelle, elle prend du temps pour se recentrer sur ses envies et ses choix de vie. »
Jean-Marc : « Ouais mais elle nous l’aurait dit quand même, un petit post pour dire qu’elle reviendra ou je sais pas. Là, rien… C’est quand même étrange. »
Anne-Emmanuelle : « Moins étrange que de se faire bouffer par son chat tu admettras… »
Et si vous arrêtiez de raconter de la merde surtout… Pourquoi je poste plus… Hmmm ça pourrait faire l’objet d’une analyse psychologique mais en fait c’est surtout pour une raison pécuniaire. Récapitulons les faits si vous le voulez bien.
J’ai pas une thune.
J’ai pas de boulot.
J’habite dans une ville à 20% de taux de chômage.
Mon pc est entrain de renifler fortement, je soupçonne une grippe A (et pas de convocation en vue hein, ça sent le pâté).
On fait quoi avec ça ? Pas grand chose et surtout pas dépenser ses maigres 10 euros dans un café pour avoir le wifi. On passe plutôt son temps à déposer des CV, des lettres de motivation ( « la vente dans le prêt-à-porter, c’est ma vie » ), ANPE pour s’entendre dire qu’y a pas de boulot, Mission Locale et j’en passe… Et vous apprenez que la vie adulte, c’est quand même une bien jolie merde <3 Pourquoi ? Parce que :
Vous êtes une personne sans ressources (pas de salaire, pas d’assedics ou autres allocations) et vous voulez un toit sur votre tête ? Vous vous adressez à des organismes d’aide (genre CCAS ou Locapass) pour payer la caution, naturellement. « Ah mais sans ressources, on peut pas vous obtenir d’aide, désolé, au revoir » Ah. Ok. Et il aurait fallu quoi ? « Vous auriez été mère célibataire ou si vous aviez eu des ressources, on aurait pu mais là, sans argent, on vous aide pas » Ah. Ok. Donc si j’avais eu des sous, j’aurais pu être aidée… mais sans, je peux rester mon cul dehors ? Ah ok… Premier point.
Vous êtes une personne sans ressources et vous voulez manger (les Restos du Coeur n’ont ouvert qu’aujourd’hui, je précise…) ? Vous vous adressez à la Mission Locale ou au CCAS pour pouvoir, mmh, ne pas mourir d’inanition. « Ah, mais je vois que vous n’avez aucune ressources ? Ça va être problématique ça… » ou pire « Ah, tu as un bac +2… Bah disons que les diplômés, ils ont pas vraiment droit à des aides de notre part hein… mais on va essayer hein… » Ah. Ok.
Quand on passe son temps à se prendre dans la gueule le fait que sans thune on peut pas se faire aider et qu’à coté de ça, le taf est inexistant, il y a vraiment de quoi se taper la tête contre les murs, ou cesser toute activité autre que manger, dormir, CV. Du coup, le wifi, le petit coca, toussa, je leur ai dit un peu au revoir et un peu à vous malheureusement. J’aime mon blog, j’aime écrire mais dans ma situation, impossible pour moi de tenir à jour et de suivre l’actualité. Je ne suis pas coupée du monde (heureusement sinon j’aurais raté la main de Thierry Henri dont on se branle joyeusement tous ensemble et j’aurais surtout raté le mystique Big Up de Versailles (Yann Barthès, je t’aime)) mais il est vrai qu’Internet prend vite une place importante quand on commence (pire que la clope oO).
Enfin Internet on s’en tape un peu quand on se rend compte qu’une brique de lait coûte « oh putain mais autant acheter une vache O_O » , on s’en tape un peu aussi quand on se rend compte que le loyer, ça va être l’arrache et que merci Maman de te foutre dans la merde pour m’aider. Donc désolée d’être absente ces derniers temps mais j’ai de bonnes raisons.
Je ne voulais pas faire un article pathos donc si ça vous semble être le cas, bah tant pis je dirais. Je voulais juste cracher un peu ma bile contre cette société qui n’aide que certaines parties de la population, on se rend compte qu’être dans la tranche jeune sans emploi, c’est comme être dans un gouffre de merde avec plein d’autres gens et être la seule personne qui n’a pas accès à une corde (pour s’en sortir ou se pendre, au choix). Je n’arrive plus à aimer mon pays quand je vois qu’on laisse les gens dans des situations pareilles, je n’arrive plus à croire Mister Président quand il dit que la crise va cesser (de toute, dès qu’il l’ouvre, j’ai plutôt tendance à vouloir lui lancer des cailloux très très pointus dans la tronche), la crise a bon dos de toute manière, ce n’est pas elle la cause de tout, loin de là, c’était déjà bien la merde depuis longtemps avant qu’elle ne vienne surenchérir.
Mais restons optimistes, il y a des gens qui sont là. Gros merci à la Mission Locale qui se sont bougés pour que je puisse manger ce mois-ci (en décembre, je mangerais les plumes de la dinde spa grave). Gros merci à tous ceux qui se sont souvenus que j’étais une personne réelle et non pas un bot et qui m’ont jeté des mots d’amour (ils se reconnaitront ). Gros merci mais alors gros de chez gros à ma mère (elle se reconnaitra… ahah mon dieu mon humour est toujours aussi moche, ça changera pas ça malheureusement )
Restons optimistes encore, je compte un peu sur vous pour m’envoyer des ondes de bonheur et d’amour : je compte ouvrir ma propre entreprise, ça ne se fera pas du jour au lendemain, loin de là, mais j’aimerais concrétiser mon petit plan machiavélique pour propager les geeks dans le monde… Je vous en reparlerais peut-être un jour prochain, j’aimerais bien avoir votre avis Sur ce mes loulous, j’dois aller à Lidl chercher des spaghettis… et nourrir le chat qui doit dormir sur le radiateur à cette heure, il a la belle vie ce con…
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D’où vient la lubie soudaine de mon cerveau ? Je reviens de vacances où j’ai en gros moins dormi que d’habitude : merci le matelas gonflable, les moustiques, mes mélanomes en préparation et la putain de chaleur quand le soleil tape sur la tente, 30° à 8h du mat, j’aime bien les trucs cuits à l’étuvée mais si on pouvait éviter de le faire avec ma couenne, ça m’arrangerait. Je rentre donc, me délecte de retrouver mon lit avec un vrai sommier à latte et un fracking matelas épais comme mes cuisses, je savoure le fait que Homme reprenne le taf pour me rouler en travers du pieu façon baleine fraîchement échouée sur la plage et pourtant je suis encore plus crevée qu’à l’accoutumée. Et ce grâce à ce magnifique objet qu’est mon cerveau de babouin.
J’ai le pli pour arriver à m’endormir vite, je fourre mes écouteurs d’iTouch dans mes oreilles paraboliques à géométrie variable et je lance du Metallica ou la BO du SDA, je me fous sur le bide et zzZZzz. Généralement je fais ça vers les 5-6h du mat vu que je passe ma nuit à glander sur Internet et je me lève vers 16h, ce qui revient à une bonne grosse nuit de sommeil (quelle joie d’être au chomdu moi j’vous l’dis). Sauf qu’en ce moment, je sais pas si c’est l’effet post-vacances ou « merde tout le monde va retravailler et pas moi » mais toujours est-il que ça ne fonctionne plus. Je suis une sainte, je vais me coucher vers 1h ou 2 et là, le vide sidéral, le néant, le trou des Enfers devant Orphée pleurant sa belle, le trou de la couche d’ozone, le cerveau d’un geek après un pr0n, rien. Je passe 3 bonnes heures à contempler mon plafond dans le noir, donc du rien, et à triturer mes pensées dans tous les sens en espérant trouver le remède miracle aux insomnies ou tout du moins à la chute prématurée des cheveux chez les hommes de moins de 40 ans. Quand j’ai fini d’épuiser mes sources potentielles de traumatisme ou d’inquiétude, j’en arrive au point le plus tragique de tout bon insomniaque.
Je me dis « mais comment j’ai fait pour en arriver à penser à ça oO » et là… c’est le drame. Parce que je reprends le fil de tout ce que je viens de penser à l’envers pour trouver le début. Avouez que vous faites pareil et que vous vous sentez super con devant votre écran hein ? Le plus drôle c’est quand vous retrouvez des trucs bien bizarres genre « j’ai pensé à mettre un chèque sur le compte parce que je me suis rendue compte que j’ai l’hébergement du blog à payer le mois prochain parce que je venais de penser à un truc en plus à foutre dans le code parce que je venais de me rendre compte que j’ai le code depuis un an mais que j’ai toujours pas fait mes heures de conduite… » ça peut remonter très loin et sans réel rapport avec le reste. Des fois vous partez de « putain j’dors pas » à votre première idée « tiens j’ai racheté des tampax ? » et c’est glauque.
Ajoutez à ça, votre moitié. Si. Vous savez. Le truc là. CELUI QUI DORT. Et qui ronfle/grince-des-dents/roule/coup-de-coude. Et vous le maudissez. Oui, vous le haïssez. Pourquoi cette petite pourriture dort à points fermés, du sommeil du juste et PAS VOUS. Alors va se passer quelque chose de très étrange dans votre petit cerveau : le coup de bâtard. « Tu dors ? » ou mieux, rien, mais un grand mouvement bien ample qui le fera se réveiller à coup sûr. « Oh pardon, j’t'ai pas réveillé au moins ? Si ? Tin moi je dors paaaaaaAAaas… Faut qu’on pense à acheter des rideaux demain… Tu me feras penser à… » -re mouvement qui fait chier- « … à appeler ma mère qui passe en fin de semaine… Nan mais vazy dis que jte fais chier aussi !! » c’est salaud mais ça fait quand même vachement du bien de savoir que vous n’êtes plus seul dans votre insomnie.
Quand on est seul (ahah go meetic naab), on a pas la chance de pouvoir plomber son conjoint et donc risquer la rupture. On va se rabattre donc sur la télé. Et là, c’est bonheur.
TF1 : Très chasse, Très pêche, idééééal pour dormir comme une grosse merde, le présentateur est tellement mou qu’on a limite l’impression que c’est lui qui nous regarde pour s’endormir.
France 2 : des rediffs généralement, vers 5h c’est les Z’amours, histoire de bien rire avec Tex -_-’ ahah…
France 3 : ouaiiiis la Carte au Trésor…
Canal + : hum, crypté et on est pas le premier samedi du mois, c’est pourri.
Arte : oooh y a du potentiel avec Berlin, New York et la musique underground, ouais ouais fais péter le bobo o/
M6 : de la musique d’ascenseur, on repassera…
On fouille donc sa DVDthèque et on se rend bien vite compte qu’on est un sale pirate pourri et dégoulinant de bave, on a Anne Roumanoff fête ses 60 ans de carrière et Julie Piétri le live… Ouais… Tu te sens honteux…
Le pc. Pourquoi ne pas y penser en premier recours ? Parce qu’on se dit que « naaaan si j’allume le pc, j’vais rester devant pendant des plommmmbes, je pourrais jamais me relever pour aller me coucherrrrr et blablabla » stop chouiner, genre en se matant les couillons de chasseurs sur TF1 on va se relever pour dormir ? BEEEEH NAN on reste devant comme un pauvre décérébré en disant « han je savais pas qu’on tuait pas les lapins avant de leur enlever la peau moi ._. » et t’es parti pour te finir l’émission en priant pour qu’un truc se passe, genre un tir ami ou un mec à poil qui court « arrête Jean-Mi t’es con… » , ce qui n’arrive jamais, c’est pas CSI Miami… Ah ouais nan mauvais exemple. Donc le pc. Rallumage. Trois plombes. Gnagnagna mot de passe. Évacuation des trucs relous du démarrage (flemme de tout virer proprement, c’est ça le chic geek). MSN. Personne, le contraire aurait été étonnant, bande de fumiers qui dorment. Chan irc. Un bot et deux away « zzZ » comme quoi les fumiers sont partout. Gmail. Aucun mail, même pas un spam. Ok. Facebook. Personne en ligne pour discuter « bah oui normal j’ai pas d’amis, connard » . Netvibes. Gloire aux sites ricains qui postent la nuit, alléluia mes frères. Ok, deux articles vers des trucs pr0n-chic-gay-friendly et une image kawaii. Bien, j’ai perdu 20 min.
On en arrive au recours de la fille. Les mecs, si vous faites ça, vous devez consulter. L’épilation. Oui quand on dort pas, nous les filles, on commence à avoir deux fils qui se touchent « hum j’ai 1mm de poil sur la jambe gauche rasée d’hier matin, je vais arranger ça » (pourquoi je sens que ce passage ne va inclure que moi ?). Salle de bain. Matériel d’épilation. C’est parti. « Oh bah je vais me faire le maillot, je serais tranquille avec ça » (oui parce qu’on a pas l’air finaude en faisant ça et qu’il vaut mieux le faire à ce moment là, quand on est bien courageuse et qu’on a rien d’autre à foutre). Regard satisfait. « Oh bah j’vais me peinturlurer les orteils, ça fera raccord » et c’est parti : 5 min par orteil vu qu’on en fout partout et 30 min de séchage à compter les araignées qu’on dira à Chouchou de tuer demain « une au-dessus de la machine à laver et deux dans le coin à bordel… » ensuite viendra le moment où le chat sera pris d’une envie folle de vous câliner les pieds alors qu’il vous ignore depuis 1 an. En gros, vous pouvez perdre 2 bonnes heures à faire votre bordel.
5h34. Putain. Assise dans la cuisine, bordel sur la table, il peut vous arriver à vous aussi de regarder les prospectus. « Ah promotion sur le saucisson… Et oh tiens pour 2 rouleaux de PQ achetés, un sent-bon pour bagnole offert, c’est sympa ça… » et le pire c’est que vous le lisez limite entièrement pour tenter de vous fracasser le crâne de sommeil, quitte à baver sur la nappe que Mamie Ginette vous a donné en guise de dot ( « Mamie, ça se fait plus ça… » ; « Mais si mais si ! allez prends et va me faire un thé à la vervei… zzzZ » ; « ok y a que moi qui dort jamais en fait ? » ). Le chat vient de caker dans sa litière. Pelle, sac poubelle. OMAGAD MAIS TU MANGES QUOI O_O à limite de la désinfection à l’acide… Merde
Pc. 5h44. Les yeux brumeux. Aaaah ça commence à venir, je le sennnnnns ~o~ Gribouillage sous Wordpress. Article à moitié fait… Nan on va dire qu’il est fait…
5h45 : Zzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzz…
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- Sur quoi portera ton exposé Mathilde ?
- Sur les années 2000 madame.
- Bien nous t’écoutons !
- En réalité, j’ai copié mon exposé sur les textes que mon arrière-grand-mère a laissé pour ma famille, je les ai retrouvés dans un vieil ordinateur chez mon grand-père. Elle vivait à cette époque et malgré mes recherches à la Grande Bibliothèque de la Ville, je n’ai pas trouvé de documents qui disent la même chose. Alors je…
- Ahah elle va nous lire un truc d’une vieille folle !
- Justin, veux-tu te taire ! Vas-y ma grande, nous t’écoutons.
- A mes enfants, mes petits-enfants et à ceux qui me survivront. J’ai 95 ans aujourd’hui, je n’ai pas vu la vie défiler devant mes pauvres yeux fatigués, j’ai vu grandir vos parents mais j’ai l’impression que mon existence toute entière n’a pas suffi à leur expliquer à quel point leurs vies étaient précieuses. A quel point leurs actes pouvaient compter. Il était trop tard, il était si tard.
J’avais 25 ans la dernière fois que j’ai vu une abeille, j’étais dans le jardin de ma mère et nous parlions de ce beau printemps qui venait d’arriver. Elle avait de si jolies fleurs, un jardin petit mais dont elle avait pensé chaque centimètre pour qu’il abrite un trésor végétal. L’abeille bourdonnait dans le lointain, j’étais à moitié endormie par le vin et la douce chaleur. Elle m’a sortie de ma torpeur et j’ai commencé à regarder son ballet aérien. Elle virevoltait, partait en piqué dans les pistils des fleurs, elle semblait avoir un but précis, suivre un plan dessiné au millimètre qu’il ne fallait en aucun cas dépasser. Quand elle s’arrêtait et si on tendait bien l’oreille, on pouvait percevoir le bruit de ses pattes sur les pétales et puis, dans un vrombissement, elle redécollait vers une autre fleur. Ce fut la dernière abeille que je vis de mes propres yeux.
Quelques mois plus tard, une voix off à la télé annonçait que la dernière abeille venait de mourir. Je me suis assise dans mon canapé et j’ai compris. En regardant ma fille jouer dans son parc, en regardant les images des apiculteurs en pleurs, je me suis rappelée de tout ce que j’avais appris : la Terre commençait son agonie. Je me rappelle m’être levée, avoir crié un « non » qui effraya ma fille. La prenant dans mes bras pour la réconforter, je ne pouvais m’empêcher moi de pleurer. Après tous ces documentaires, après tous ces films catastrophes qui passaient au cinéma, la réalité venait enfin de nous prouver qu’elle était bien pire.
Tout s’enchaina, si vite, trop vite. Nous savions, Ils savaient que notre planète allait mourir si rien n’était fait. Combien de fois ai-je vu des journalistes bien pensant rabâcher qu’il fallait économiser l’eau, ne pas prendre la voiture, je les ai peut-être trop vus. Je faisais attention, mais pas plus que les autres. Dans ma tête, je n’étais qu’un si petit rouage, une infime partie de l’horlogerie. Dans ma tête, c’était aux plus grands pollueurs de changer. Dans leur tête, l’argent et le pouvoir. Les raffineries de pétrole auraient du arrêter de tourner en 2040, la dernière a fermé ses portes il n’y a qu’une semaine, 30 ans plus tard… Comment la Terre aurait pu survivre avec la torture affligeante que nous lui faisions subir ? Je n’ai jamais rien fait, je ne me suis jamais engagée, je triais mes déchets et je n’ai jamais eu le permis mais combien de trains ai-je pris ? Combien de bains ai-je donné à mes enfants ? Combien de litres de merde ai-je déversé dans l’atmosphère pour réaliser mon rêve d’aller en Nouvelle-Zélande ? J’ai fini par tuer ce si beau pays, je l’ai tué, j’aurais du me contenter des photos et des vidéos, mon voyage en avion a contribué à la montée des eaux et la disparition totale de ce pays. Mon rêve a tué mon rêve. Et je suis à la porte de la mort sans la possibilité de montrer à mes descendants les images, les souvenirs qu’il me reste dans ma misérable tête, je suis seule avec l’image de la mer qui ratiboise les falaises, le bruit des vagues et l’odeur des embruns. Je suis seule avec l’énorme sentiment de grandeur que me procure ce souvenir. Jamais mes enfants ne connaîtront ça.
Après les abeilles, ce fut au tour des marins de pleurer, les poissons que nous consommions ont tous disparu, nous avions trop pris à la mer, ils n’ont jamais pu avoir assez de descendance pour pérenniser leur race. Des pays entiers sont entrés dans des guerres civiles entre riches et pauvres, parce que la majorité des peuples de la Terre n’avait pas assez à manger. Vous ne connaîtrez jamais une mappemonde avec au pôle nord, une immensité blanche. Elle a totalement fondue, déversant dans les océans tellement d’eau que cela a englouti des pays et des civilisations entiers. Connaîtrez-vous la définition du mot « forêt » ? Est-ce qu’il existera encore des chats ? Les entendrez-vous un jour ronronner ? Bien-sur que non. Mes enfants connaissent tout cela mais pas toi, mon arrière-petit-fils ou mon arrière-petite fille. Le chat a disparu. Cet animal qui existe depuis l’époque des Pharaons (tu sais, les hommes maquillés avec des masques d’or), cet animal si indépendant que j’adorais tant. Je n’ai plus caressé de chat depuis plus de 20 ans maintenant. Et encore, j’étais dans un musée.
Et toi maintenant ? A quoi ressemble ton monde ? Vis-tu encore sur Terre ? Je suppose que oui, nous n’avons jamais réussi à aller plus loin que le bout de notre Lune. Ils ont tenté d’aller sur Mars, j’ai vu les images à la télévision. Ils sont partis 3 ans, une année pour y aller, une là-bas et une année pour revenir. La Navette Mondiale qu’ils avaient appelée « Hope » a été percuté par une météorite sur le trajet du retour, à quelques encablures de la Lune. A quelques jours de leur retour sur Terre. Notre échec a été tellement retentissant que les plus grands de ce monde ont fini par décréter des lois ahurissantes : « ne consommez que 5 litres d’eau par jour », « les voitures sont prohibées », « quiconque sera pris en train de jeter un papier ou quoi que ce soit d’autre sur la voie publique ou partout ailleurs sera emprisonné pour 5 ans sans jugement préalable ». Ils ont arrêté les carrières à ciel ouvert, ont tenté de freiner le pétrole, ont installé des panneaux solaires sur des continents entiers. Rien n’y a fait. Ils avaient 20 ans de retard sur la date fatidique que les scientifiques avaient prédit. Nous aurions du commencer à changer durant les années 2000, les années 2030 étaient déjà le futur de la Terre. C’est comme tenter de ressusciter les morts. Ce rêve vieux comme le monde de pouvoir ramener à la vie des êtres chers à nos cœurs. A l’échelle d’une planète, imaginez-vous la tâche. Si un Dieu avait existé, lui-même n’aurait pas pu lui rendre sa beauté et sa grâce des Temps Anciens.
Mais l’Homme est ainsi fait, rien ne le touche, rien ne freine sa soif d’aller plus loin. A l’heure où j’écris, le mot « campagne » n’existe plus, les gens sont tous dans les mégavilles, New-Washington, Paris-la-Grande, TokyoCity… On peut compter sur les doigts d’une main les villes de France à présent. Nous vivons dans d’immenses tours de verre et d’acier, parsemées de panneaux solaires et surmontées d’éoliennes. Aaaaah je vis dans une ville propre mais dont je ne peux sortir. Le mot « rue » lui-même ne me parle plus quand je regarde par la fenêtre. Les gens ne sortent pas des bâtiments, l’air est chargé d’une pollution aussi vieille que moi mais qui n’est jamais partie. A croire que nous sommes en hibernation. Nous attendons que la Terre se refasse une santé et puis nous ressortirons et nous repolluerons de plus belle. J’espère que non, j’ai tenté d’inculquer à mes enfants la valeur de notre planète. Dans mon for intérieur, j’en suis presque à attendre ma mort avec impatience, plus le temps passe et plus je me dis que plus vite je partirais, plus vite la Terre me remerciera et m’absoudra les pêchés de ma race. Il m’arrive même à penser que l’Humanité toute entière ferait mieux de cesser d’exister, nous avons humilié cette planète, nous avons vomi notre haine viscérale, nous avons piétiné nos ancêtres, nous avons creusé toujours plus loin et toujours plus fort dans les sombres parties de nos âmes. A partir du moment où nous avons appris à utiliser le pétrole pour faire marcher des bêtises infâmes, nous aurions du nous auto-annihiler.
Je suis vieille, je suis aigrie, je suis las de tous les hypocrites qui ont pu nous gouverner « je promets que les émissions de CO² seront diminuées de moitié d’ici 2020″ Mais tais-toi donc pauvre rat, regarde ce que la Terre est devenue grâce à des gens tels que toi. « D’ici 10 ans, le parc automobile mondiale devra être dissous », cette phrase a 50 ans et rendez-vous compte qu’elle n’a été tenue qu’il n’y a que 20 ans. La dernière voiture, celle du président des Pays Unifiés, a cessé de rouler lors d’un grand festival pour la terre. Pauvre de nous. Quand nous réagissons avec près de 30 ans de retard, on fait la fête ! Gloire à nous, gloire à notre connerie universelle. Allons envoyer des messages dans l’espace où nous disons bien fort que nous sommes les pires cons de la Galaxie. Si un pauvre alien nous entend, il se fendra bien le trognon. Tant qu’à faire de la merde, essayons d’être drôle !
Je n’arrive plus à être optimiste depuis bien longtemps. J’ai perdu foi en tout, mes propres enfants se sont rangés du coté de la nouvelle société froide et sans âme. Elle est écologique mais quid de nous ? Les humains ? Quid de nos futurs enfants qui ne connaîtront jamais la douceur d’une pelouse sous leurs pieds ? Nous leur avons tout enlevé. Nous leur avons volé les plus belles parties de ce monde, nous les avons pillées, détroussées et jamais plus ils ne pourront les voir, les ressentir. Mes enfants ne m’ont jamais accusée d’être à l’origine de leur planète grise et bleue (oui il reste quand même les océans, impraticables à cause des tempêtes mais j’aime avoir cette pensée positive d’un océan qui se rebelle) mais ma culpabilité me ronge. Personne ne m’a fait de procès, ce sont les grands groupes pollueurs qui ont ramassé leurs guenilles au sortir de longs fleuves procéduriers. Oui personne ne m’a jamais dit « Mais quelle idiote tu as été, te rends-tu compte de tes actes ? N’as-tu pas une once de remords quand tu vois ce que tu as fait ! », oui personne ne m’a jamais dit tout cela. Ma conscience l’a fait. Et qu’il est dur d’entendre sa conscience tous les jours depuis des décennies, tellement plus dur et plus blessant qu’une parole véritablement prononcée par un quidam. Une parole vole et s’aplatit contre un mur d’indifférence que l’on peut façonner à la volée. Mais la petite voix intérieure qui me ronge de l’intérieur, qui me harcèle, que puis-je y faire ?
Je ne sais pas pourquoi j’écris tout cela, peut-être pour me repentir des atrocités de ma génération et de celle de mes parents. J’espère qu’à ton époque mon petit, tu auras la chance d’être dans un monde bien plus beau que celui qui s’est dessiné aujourd’hui, peut-être même que vous aurez cloné des oiseaux ou je ne sais quoi pour permettre de voir la vie telle qu’elle a été. Tu trouveras dans le dossier de ce texte, quelques images de ma jeunesse, je n’ai pas tout mis malheureusement, il est rare de trouver à présent des photographies ou des vidéos de la Terre comme elle était avant. Et avant d’achever mon misérable discours d’excuses (si toutefois on peut appeler ça des excuses), j’aimerais que tu me pardonnes, pardon d’avoir fait tant de mal par simple lâcheté, par simple « panurgie ». Pardon d’avoir tué ton monde.






(les images de cet article sont majoritairement l’œuvre de Yann Arthus Bertrand)
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