C’est pas faux…
Publié par Lyrya dans Geekette's Life, tags: Achevez-moi, déprime, il était temps, moi-même personnellement, sociotrucYoupi, je veux créer ma boite. Youpi, je vais être mon propre patron et gagner des millions sans avoir à répondre à des questions sur l’orthographe d’un mot qui n’est plus utilisé depuis 1427 ( « chandail » par exemple). Youpi, je vais googeliser gentiment derrière mon pc. Youpi, il y a des centaines de résultats… Ouais, euh, mais je dois commencer par quoi moi ?
Rappelez-vous de cet acronyme : CCI, *aura de lumière et musique lyrique*, Chambre de Commerce et d’Industrie. Même si on peut trouver moult sites internet qui parlent de la création d’entreprise, je ne regrette pas de m’y être rendue. Premier contact, une réunion avec des gens (omg des gens) et une personne de l’administration qui s’y connaît. Dans mon groupe je devais être la seule à avoir moins de 25 ans mais prout, c’est pas parce que j’ai une gueule d’ado que je n’ai pas les tripes. Loin d’être intimidant, tout se passe bien, on apprend que pour que le projet tienne la route, il faut avoir un dossier béton, on parle immatriculation de l’entreprise, adéquation homme/projet, étude de marché… je pige tout, vive mon BTS Communication, tout ça, j’ai déjà fait. Sauf que ça se corse un peu. Que je vous explique.
Première partie, comme je disais, je gère ma race, j’ai déjà posé quelques bases de ce que je veux, j’ai des idées sur quoi faire, je fais des repérages, j’ai commencé un questionnaire pour ma future clientèle, merci mes 2 ans de BTS durant lesquels je me suis emmerdée, au final, les études ça sert à quelque chose x) J’ai donc la banane, ça aide à établir les choses encore à faire, je me dis que finalement, si le reste de la réunion est comme ça, je vais pouvoir m’en sortir.
« AHAHAHAHAHAAHAHAHAHHA. LOL. »
Voici ce que mon cerveau a éructé quand on a commencé à parler « prévisionnel financier » . Je savais à quoi m’en tenir à la limite, on crée pas une entreprise avec ses ovaires et son couteau mais là, ça a tapé lourd. Bilan de départ, plan de financement sur 3 ans, compte de résultat prévisionnel sur 3 ans, plan de trésorerie sur 12 mois… Ok, respire par le nez, ouvre tes chakras, pose ton esprit et écoute. Je tiens à profiter de cette partie et avoir une petite pensée pour mon professeur d’économie de BTS, auquel je disais clairement que l’économie était pour moi ce que la philosophie transcendantale est à un bonobo, un truc incompréhensible et qui ne sert strictement à rien, j’aurais ptet du fermer ma gueule, parce que j’ai plus ou moins compris le truc du bilan de départ (que j’avais appris durant ses cours) mais alors le reste… Mon cerveau commençait déjà à préparer une évasion rocambolesque pour ne pas avoir à supporter le massacre en préparation. J’aurais du faire pareil, j’ai franchement eu du mal avec les cotisations patronales, le prélèvement exploitant, les cotisations exploitant, le BFR (à ce sujet, si quelqu’un pouvait me révéler ce que c’est, je crois qu’au moment où la personne a expliqué, mon cerveau était déjà dans un coma végétatif).
A ce niveau de la réunion, je me suis sentie seule, j’en étais à me concentrer sur une bouloche de mon pull et sur le fait que je devais faire des courses en sortant de là, enfin si j’en sortais avec quelques neurones assez valides pour me faire retrouver ma route, quand une lueur d’espoir est apparue : les aspects fiscaux, juridiques et sociaux. Bon, très petite lueur qui a duré le temps de l’explication sur les principales formes juridiques. Merci encore mon prof d’éco, SARL, EURL, SA, SNC, Auto-entreprise, tkt poulette, j’suis dans la place. Bon là effectivement, on est plus à l’école et ça parle capital social et responsabilité, mais je me suis dit que là au moins j’avais une chance de comprendre.
« ROFLCOPTEROZOR ! »
Mon cerveau, encore, qui s’est automatiquement mis sur vibreur pour ne pas avoir à supporter la suite. Je vous jure que, durant un temps, j’étais sur messagerie vocale, j’avais l’apparence d’écouter alors que j’étais partie super loin, j’en étais à me dire qu’il fallait que je rachète de la litière pour le chat et que je n’avais toujours pas reçu mon aide de la Mission Locale et que du coup pour la litière du chat, j’allais être emmerdée. Non parce que, de ma maigre expérience, les cotisations sociales s’arrêtent à avoir une carte Vitale et le régime fiscal pour moi c’est encore un truc d’anorexique pour ressembler encore plus à un rescapé des camps de concentration. Autant dire que niveau compréhension j’en ai surchié.
J’ai tout de même appris certaines choses de GRANDEMENT intéressantes : quand vous êtes gérant d’une entreprise, vous ne cotisez plus à l’Assurance Maladie comme tout le monde (la CPAM donc), non, vous cotisez au Régime Social des Indépendant (RSI), en tant que Travailleur Non Salarié (TNS). Et là, ça fait trèèèèèèèèèèèèèèèèèès mal, mais alors bien loin derrière la prostate. Outre le fait que ça m’a arraché un poil d’anus de voir le montant, j’ai été encore plus intriguée par le « pas d’assurance chômage » . Hmm, ok, si je pige bien, si ma boite ne marche pas et que je dois pointer au chomdu, j’ai droit à… rien ? Chouette, moi qui ai déjà droit à rien, je me sens dans mon élément. Non sans rire, il y a la possibilité d’une assurance chômage facultative mais ça fait quand même bizarre. Tu bosses, t’en chies et quand tu perds tout (parce que, soyons clairs, si la boite coule, faut rembourser les banques quand même), t’as pas le droit de toucher une allocation chômage comme tout le monde. Maintenant le pourquoi du comment, j’en sais rien, peut-être parce que les patrons sont mieux payés et donc osef qu’ils touchent un chômage puisqu’avec leurs revenus ils ont pu épargner à coté ? Euh ok pour l’autre con d’EDF-Veolia-enculé, mais pour ma part ça m’étonnerait fortement de pouvoir m’en sortir si jamais ça ne devait pas marcher. Le RSA c’est bien beau mais ça nourrit pas son Pipou. Soyons optimistes, y a quand même des trucs biens quand on est son propre patron, nan ?
« Allo ? Oui, ici le cerveau de Lyrya, j’ai fait des réservations pour Ibiza… »
Après avoir ramassé mon cerveau qui avait tenté une percée par mon oreille droite et avoir récupéré les restes de mes espoirs, très amaigris après la bataille, arrivent les impôts. Putain je les avais oublié ces cons-là. Selon le type d’entreprise que l’on veut créer, une EI, EURL ou SARL, les impôts sont différents. Pour ma part, je compte créer une SARL (oui pas d’auto-entreprise, je vais y revenir plus tard ) et là… Et là… Outre le fait que je sois soumise à l’Impôt sur la Société (IS) à hauteur de 15% ou 33% selon le chiffre d’affaire, j’ai droit aussi à l’Impôt sur les Revenus des Personnes Physiques (IRPP). Mais… Mais… MAIS C’EST GENIAAAAAAAAL \oO/ Deux fois des impôts \Oo/ Concrètement, l’IS c’est l’impôt que l’entreprise paye et l’IRPP bah c’est le bête impôt sur le revenu connu de tous et qui vient de ma poche. Ayant revu une personne en rendez-vous individualisé lundi, j’ai cru comprendre que je peux être exemptée d’IS pour les 5 premières années. Prions mes frères, prions… Parce que franchement, l’IS, ça pue.
A ce moment de la réunion, j’ai vu tous les autres acquiescer gentiment, genre « ouais ouais normal, hinhin, ouais je vois trop, hinhin » . J’ai eu ce genre de regard qui va de gauche à droite quand vous vous dites que c’est trop gros pour être vrai, ce petit recul de la tête, cette petite moue de la bouche et ce sourire coincé incontrôlable qui vient se poser sur vos lèvres. Sisi, j’étais bien la seule à NE RIEN COMPRENDRE. J’aurais pu dire « Tin mais FAKE quoi ! » mais je me suis abstenue. Je n’irais pas jusqu’à dire que j’étais bien loin de m’imaginer tout ce que créer son entreprise implique mais en fait euh si. Je sais pertinemment qu’il faut en chier, passer pour une demeurée auprès des banquiers qui vont pisseront dessus avant même que vous commenciez à parler, ramer pour trouver des garants et des aides, mais tout de même, je ne savais pas vraiment ce qu’impliquait le fait de gérer son entreprise par la suite. Je ne m’attendais pas à apprendre que mon chiffre d’affaires serait amputé de toutes parts, je ne m’attendais pas à devoir payer un expert-comptable de ma propre poche avant même de créer quoi que ce soit (dur dur donc, sachant que j’ai à peine de quoi manger) et je m’attendais encore moins à apprendre que toutes les démarches administratives comme l’immatriculation de l’entreprise sont payantes… Le moindre bout de papier vous coûte une cornée alors que vous n’avez même pas commencé votre activité. Dur de retomber sur la terre ferme.
Je ne baisse pas les bras pour autant, je compte bien m’accrocher, décrocher des aides financières, rédiger un business plan en titane renforcé et créer mon entreprise, parce que je n’ai pas fait tout ça pour rien, je ne me suis pas fendu le fion en 4 pour rien, parce que dans les moments durs, il est bon de se dire qu’on a un but dans la vie et que, malgré la merde ambiante, on sait qu’on y arrivera et qu’on sera fier du boulot accompli.
« C’est bientôt fini hein ? Tu promets ? »
Je voudrais revenir sur le cas de l’auto-entreprise. Bon nombre d’entre vous m’ont parlé de ce système et j’y avais aussi pensé tout en sachant au fond que ça n’était pas la meilleure solution. Et j’avais un peu raison
L’auto-entrepreneur (qu’on va abréger en AE parce que c’est franchement gonflant à écrire, qu’il est 4h du mat et que ma nuit blanche commence à me donner des hallucinations, comme quoi avec l’âge…) est un entrepreneur individuel soumis au régime de la micro-entreprise. En gros, votre chiffre d’affaires ne peut pas dépasser un certain plafond, selon votre secteur d’activité qui peut être commerciale, artisanale ou libérale, vous êtes exempté de certaines charges et d’immatriculations, on vous simplifie les démarches, en 3 jours vous créez votre boite. L’AE c’est cool si on est informaticien à la maison, DJ le weekend, toiletteuse pour chiens à domicile ou créatrice de bijoux sur internet. Mais pour une entreprise un peu plus compliquée que ça, ça n’est pas du tout intéressant. Je ne saurais absolument pas vous expliquer les méandres des pourcentages concernant le « bénéfice calculé selon les charges forfaitaires estimées à 71% pour le commerce, 50% pour les services ou 34% pour les activités libérales » (oui j’avais prévenu, c’est hard), j’ai bien compris quand ma conseillère lundi m’a fait des croquis et tout mais à redire de façon claire et qui ne déforme pas la réalité, c’est autre chose. De plus, j’ai toujours été une grosse merde en éco ET en math alors si on fait copuler les deux… Pour ma part, mon projet nécessite un local et selon ma conseillère mon chiffre d’affaires et mon bénéfice ne serait pas en adéquation avec l’AE. Du coup, j’ai quand même bien fait d’aller à cette réunion d’information
Il faut bien se rendre compte que l’AE est une belle avancé dans la création d’entreprise, ça aide pas mal mais les simples sites internet que l’on peut trouver ne disent pas tout ou n’expliquent pas assez bien. Personnellement, j’ai eu du mal à comprendre alors qu’on me l’expliquait de visu alors si je devais juste donner un conseil : « Go to CCI bitch »
Pour finir ce pavé interminable, je vais passer sur les différentes aides à la création d’entreprise, j’y reviendrais certainement plus en détail dans un prochain article, et parler du dernier point qu’on a abordé : les formalités d’immatriculation. Youpi, c’est bientôt la fin, je vais pouvoir m’en griller une et vérifier si j’ai encore toutes mes facultés motrices pour rentrer. Les formalités sont différentes selon que l’on soit artisan ou commerçant, mais elles sont différentes aussi selon la forme juridique de l’entreprise. Pour les entreprises individuelles elles sont moins nombreuses et pour les sociétés, comme cela sera mon cas, ça se corse, attention listinnnnnnng :
- Choisir une domiciliation (en gros l’adresse de l’entreprise, son siège social)
- Choisir un nom commercial
- Rédaction des statuts (SARL et touti quanti)
- Nomination gérant(s) (oh ça parle de moi
)
- Pacte d’actionnaires (olah on s’emballe pas trop vite hein oO)
- Dépôts des fonds (ahah >_>)
- Avis de constitution
- Dépôt du dossier d’immatriculation au Centre de Formalités de Entreprises (CFE)
- Dépôt du formulaire ACCRE lors de la demande d’immatriculation ou dans les 45 jours qui suivent (c’est une aide octroyée pour les demandeurs d’emploi)
- Enregistrement des statuts aux impôts (dans le mois qui suit leur signature)
Si c’est pas chouette tout ça ? Cela promet de longues heures à me ronger les ongles, martyriser le pauvre Pipou qui ne demandait rien à personne, des coups de gueules intempestifs, des crises de rages en pleine rue parce que je me rends compte que j’ai oublié un papier à la maison et que j’ai déjà fait la moitié du chemin et que si je fais demi-tour je vais être à la bourre, cela promet un avenir radieux et charmant <3
Malgré tout ça, faut rester optimiste, se dire qu’au final ça en vaut la peine et, comme le ferait mon pote Jean-Hyppolite ici présent, aller de l’avant !












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